Montréal, le 27 mars 2026 – L’émission Enquête a dénoncé hier les impacts dévastateurs sur les personnes assistées sociales de la réforme de la gestion de l’aide sociale du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS). Au lendemain de sa diffusion, le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) et la Coalition pour l’accessibilité aux services des CLE (CASC) demeurent consternés de voir que, malgré tous les drapeaux qu’il a levés depuis maintenant plus de 2 ans, le ministère continue de s’acharner avec sa réforme.
Qu’est-ce que le projet UNIR?
Selon une présentation que le MESS nous a fait en 2023, la plateforme UNIR vise la mise en œuvre d’une gestion décloisonnée des dossiers d’assistance sociale, la répartition provinciale des activités à traiter dans un dossier et l’accès aux documents numériques de la clientèle ainsi qu’aux documents entrants. À la lecture de ces cibles, tout semble pour le moins louable.
Cependant, dans les faits, les histoires d’horreur s’accumulent aux quatre coins de la province depuis des mois. « Il est devenu coutume que les personnes demandant l’accès à l’assistance sociale pour la première fois doivent attendre 3 à 4 mois pour recevoir un premier chèque. Je ne connais pas personne qui peut vivre sans argent en poche durant 3 ou 4 mois… », mentionne Catherine Tragnée, porte-parole du FCPASQ.
Aussi, il y a présentement des personnes qui reçoivent jusqu’à 3 lettres enregistrées la même journée avec des informations contradictoires. « Des gens se font dire qu’ils ont droit à une prestation, puis qu’ils ne l’ont plus. Cela engendre un stress quotidien immense et une insécurité constante », déplore Geneviève Bouchard, porte-parole pour la CASC. Cela étant, la personne appelle à l’aide sociale pour comprendre la situation. Le problème est qu’avec la gestion décloisonnée des dossiers, elle doit systématiquement réexpliquer sa situation à un.e agent.e différent.e qui est situé.e on ne sait où au Québec et qui n’a habituellement aucune réponse à donner à la personne. Concrètement, l’agent.e ne connait pas le dossier et ne fait que lire les documents envoyés, ce qui n’aide en rien la personne.
Depuis la mise en place de cette réforme, aucune amélioration n’est observée sur le terrain. Au contraire, les obstacles se multiplient. « Plus de formulaires, plus de démarches, des documents qui se perdent, des délais d’attente interminables et des informations parfois erronées lorsqu’on contacte le service à la clientèle. Le nouveau système semble vouloir compliquer la vie des personnes et non les soutenir. », critique Geneviève Bouchard.
Face à cette situation, on demande au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale et à la Ministre Chantal Rouleau de reconnaître les impacts réels de ces transformations et de prendre action le plus rapidement possible afin de remettre l’humain au cœur du système d’aide sociale.
