Non aux coupures à l’aide sociale!

Depuis sa nomination en 2022 au poste de ministre de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, madame Chantal Rouleau a exprimé à maintes reprises son intention de rendre le régime d’assistance sociale plus humain et moins punitif. Toutefois, ses bottines ne suivent pas ses babines. Pire, elles font le chemin inverse!

Le 28 mai dernier, la ministre Rouleau a fait publier dans la Gazette officielle du Québec un projet de règlement qui annonce des mesures appauvrissantes pour des milliers de personnes assistées sociales. Selon ce projet de règlement, à compter du 1er janvier 2026, les prestataires sans contrainte de santé reconnue par le ministère qui atteignent l’âge de 58 ans et celles monoparentales avec enfant à charge de moins de cinq ans n’auront plus droit à l’allocation de 166$ par mois pour contraintes temporaires à l’emploi. En les privant d’une bonification qui équivalait à environ 20% de leur revenu, la ministre Rouleau condamne ces personnes à tenter de survivre avec le petit chèque de seulement 829 $ par mois. Autrement dit, considérant le coût de la vie et des loyers, elle les condamne à la rue.

De plus, le projet de règlement annonce l’abolition, dès le 1er octobre prochain, des ajustements à la prestation de base qui sont accordés aux demandeurs d’asile afin de compenser leur inadmissibilité au crédit d’impôt de solidarité. Ces ajustements varient, selon la situation familiale, entre 14,92 $ et 29,83 $ par mois. Des économies de bout de chandelle, basées sur l’idéologie anti-immigration du gouvernement caquiste, qui viendront appauvrir des personnes en grande situation de vulnérabilité. C’est de l’acharnement odieux.

Pourtant, si la ministre Rouleau avait une réelle volonté politique d’humaniser le régime d’assistance sociale, ce ne sont pas les chantiers qui manqueraient. Elle pourrait augmenter les prestations qui sont actuellement à des niveaux indécents. Elle pourrait s’attaquer aux dédales bureaucratiques qui font de l’admissibilité à l’aide financière un véritable parcours du combattant où nombre de personnes sans revenu attendent parfois des semaines, voire des mois, avant d’obtenir de l’aide. Elle pourrait annuler les frais d’intérêts et de recouvrement sur les dettes à l’aide sociale qui ne font qu’enfoncer les prestataires dans la misère. Elle pourrait revoir les nombreuses règles absurdes qui maintiennent les personnes dans une grande précarité.

Si la ministre Rouleau souhaite démontrer que son intention de rendre l’assistance sociale plus humaine était bien réelle, elle doit faire amende honorable. Surfer sur le mépris qui frappe de plein fouet les personnes assistées sociales depuis des décennies afin de leur imposer de nouvelles coupes n’est certainement pas la voie à prendre. Madame Rouleau doit rectifier le tir. Elle doit renoncer aux coupures des allocations pour contraintes

temporaires versées aux personnes de 58 ans et plus et aux prestataires monoparentales. Elle doit aussi renoncer aux coupures des ajustements pour demandeurs d’asile.

Signataires :

Steve Baird, Front commun des personnes assistées sociales du Québec
Jonathan Carmichael, Association pour la défense des droits sociaux Québec métropolitain
Sara Arsenault, Fédération des femmes du Québec
Cécile Retg, Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec
Sylvain Lafrenière, Regroupement des organismes en défense collective des droits
Anne-Marie Boucher, Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec
Marie-Andrée Gauthier, Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec
Stéphane Handfield, Groupe de recherche et de formation sur la pauvreté au Québec
Véronique Laflamme, Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU)
François Proulx-Duperré, Conseil central Québec-Chaudière-Appalaches CSN
Michel Dubé, Action Populaire Rimouski-Neigette
Joëlle Vinet, Action DIGNITÉ Lanaudière
Julie Corbeil, TROVEP de Montréal
Marie-Ève Gagné, Association pour la défense des droits sociaux de Huntingdon
Fanny Cantin, Regroupement des femmes sans emploi du nord de Québec
Fanny Pilon, Regroupement des assistées sociales et assistés sociaux du Témiscouata
Marie-Ève Gonthier, Organisme de défense des droits sociaux du Richelieu
Dominic Gosselin, Action logement Pierre-De Saurel
Mario Gagnon, Point de repères
Lydia Didier, Groupe de recherche en animation et planification économique
Pénélope Dubois, CÉDA
Jordan Samuel Nganga, ACEF Outaouais
Chantal Gariépy, Clinique d’accompagnement juridique Droit de cité
Joanne Boutet, Centre d’entraide Émotions
François Dignard, Bureau d’animation et information logement
François Labbé, La Ruche Vanier
Yves Carrier, Carrefour d’animation et de participation à un monde ouvert
Josée Larouche, Centre ressources pour femmes de Beauport
Marie-Ève Duchesne, Comité populaire Saint-Jean-Baptiste
Frédéric Boudreault, Association pour la protection des intérêts des consommateurs de la Côte-Nord
Charles-Olivier P. Carrier, Comité logement d’aide de Québec Ouest
Gino Messier, Association pour la défense des droits sociaux Montréal métro
Laurence Jutras, CLÉ Montréal – Centre de lecture et d’écriture
Hélène Deslières: Carrefour d’éducation populaire de Pointe-Saint-Charles
William Demers, Association de défense des droits sociaux de la Rive-Sud
François Winter, A-DROIT de Chaudière-Appalaches
Véronique Salmon, Marée des mots
Gabrielle Morneau, La Courtepointe
Camille Ouellet, ABC des Portages
Sabrina Lavoie, Groupe Centre-Lac d’Alma
Joanne Côté, L’Écrit Tôt de Saint-Hubert
Hind Fazazi, Organisation populaire des droits sociaux
Érick Plourde, Corporation de développement communautaire de Lévis
Joannie Ross, Maison populaire d’Argenteuil
Guillaume Béliveau Côté, Comité des citoyens et citoyennes du quartier Saint-Sauveur
Karine Verreault, Regroupement des organismes communautaires de la région
Naélie Bouchard-Sylvain, RÉPAC
Danielle Dubouil, Regroupement pour les droits des personnes assistées sociales Mont-Laurier
Steve Dubois, Alliance des groupes d’intervention pour le rétablissement (AGIR) en santé mentale
Laura Nadeau, Réseau des groupes de femmes Chaudière-Appalaches
Olivier Amiot, Action Chômage de Québec
Vanessa L. Constantineau, Association de Défense des Droits Sociaux de l’Outaouais
Louise Bergeron, Groupe-Ressource du Plateau Mont-Royal
Rose Sullivan, Collectif d’aide aux femmes exploitées sexuellement
Joanie Lajoie, Servive budgétaire Lac-Saint-Jean-Est
Carine Lévesque, Carrefour d’actions populaires de Saint-Jérôme
Omer Coupal, Organisation D’Aide aux Sans-emploi (ODAS-Montréal)
Vincent Frenette, le Filon
Gabriela Santos, Collectif de lutte et d’action contre le racisme
Ingrid Bhoyrow, Comité de femmes immigrantes de Québec
Sophie Nicole, ACEF de la Péninsule

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