Le FCPASQ dénonce l’intention de couper les prestations d’aide sociale des demandeur-euses d’asile

Montréal, le 18 septembre 2025 – Le Front commun des personnes assistées sociales du Québec (FCPASQ) s’oppose vivement à l’intention de la ministre de la Solidarité sociale et de l’Action communautaire, Chantal Rouleau, de couper les prestations d’aide sociale des demandeur-euses d’asile. On apprend dans La Presse et Le Devoir qu’une telle coupure est envisagée, alors que les demandeur-euses d’asile vont déjà voir leurs revenus diminuer au 1er octobre prochain. En effet, le gouvernement avait précédemment annoncé l’annulation d’une prestation spéciale pour les demandeur-euses d’asile, un montant qui compensait le fait qu’ils sont inadmissibles au crédit d’impôt pour solidarité.

Nous demandons à la ministre Rouleau de renoncer à ce projet délétère et cruel. L’aide sociale est un droit pour toute personne. Les demandeur-euses d’asile font souvent face à des enjeux complexes et méritent notre entière solidarité. Rappelons qu’à leur arrivée au pays, les demandeur-euses d’asile se retrouvent souvent à l’aide sociale en attendant l’obtention d’un permis de travail. Dans un contexte de forte hausse du coût de la vie, de crise du logement et d’itinérance, réduire les prestations de personnes parmi les plus vulnérables de notre société est tout simplement dangereux et irresponsable. L’aide sociale ne permet déjà pas de couvrir ses besoins essentiels, alors on s’imagine difficilement comment une telle mesure n’augmentera pas les risques que des gens se retrouvent à la rue.

D’ailleurs, cette annonce semble encore une fois démontrer l’improvisation du gouvernement de la Coalition Avenir Québec dans les derniers mois, cherchant désespérément à remonter dans les sondages. Il s’agit d’un réflexe populiste bien connu qui aura des effets néfastes à court et moyen terme sur le filet social. Pire encore, le gouvernement caquiste semble utiliser les demandeur-euses d’asile comme outil de négociation avec le gouvernement fédéral, une vision qui manque d’humanité et qui nie la dignité et la solidarité auxquelles ces personnes ont droit.

Nous demandons à la ministre d’abandonner cette intention et plutôt d’augmenter les prestations pour toutes les personnes assistées sociales. Nous insistons sur la nécessité d’abolir les catégories de prestataire à l’aide sociale au lieu d’introduire encore une autre distinction comme cette proposition le ferait. Peu importe la raison qui explique notre exclusion du marché du travail, le droit à l’aide sociale doit être sans condition et permettre de couvrir nos besoins essentiels, de vivre dignement.

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