Et si on libérait 65 000 logements

Voici un texte paru dans La Presse rédigé par des membres du FCPASQ et qui concerne la crise du logement, l’itinérance et l’aide sociale.:

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Chaque jour, au Québec, des milliers de personnes vivent dans la peur de perdre leur logement, terrorisées à l’idée de rejoindre le nombre grandissant de personnes en situation d’itinérance, visible ou cachée.

Le dénombrement 2025 l’a confirmé : l’itinérance progresse. L’Union des municipalités du Québec a lancé un cri du cœur : « Il est temps d’agir, ensemble et sans délai, pour faire face à une crise qui s’aggrave de jour en jour. » Elle réclame la relance du Plan de lutte à la pauvreté et la construction massive de logements sociaux.

En ce début de juillet, environ 2000 familles cherchent encore un logement, sans succès. Pendant ce temps, des logements sont occupés individuellement, alors que plusieurs personnes voudraient cohabiter, partager les frais, s’entraider. Mais une règle les en empêche : la règle de la vie maritale, qui pénalise financièrement les personnes assistées sociales dès qu’elles partagent leur logement ou leur vie avec quelqu’un.

Le ministère peut réduire ou couper l’aide d’une personne simplement parce qu’elle est considérée comme étant en « vie maritale » – un terme qui, bien qu’il désigne habituellement un couple, est élargi dans les programmes d’aide sociale.

Sceptique ? En 2021, 64 % des Québécois vivaient en couple, contre seulement 12 % chez les personnes assistées sociales. Un écart révélateur.

Cette injustice pousse à l’isolement, à la précarité, à l’itinérance. Elle empêche de libérer des logements, punit l’entraide et coûte cher à toute la société.

Renforcer l’entraide

Tout cela dépasse l’opinion que l’on peut avoir des personnes assistées sociales. C’est une question de cohérence et de droits. Le logement est un besoin universel. La pauvreté dépasse largement les prestations d’aide sociale.

Depuis des années, plusieurs voix s’élèvent pour dénoncer cette règle. Même l’Assemblée nationale, par une motion unanime en 2023, a reconnu ses impacts et l’importance d’y remédier. Pourtant, elle continue d’exclure et d’isoler.

Nous proposons une solution simple et réalisable : modifier la règle de la vie maritale dans les programmes d’aide sociale, et reconnaître à toute personne le droit d’habiter avec qui elle veut, sans être pénalisée.

Ce changement pourrait libérer plus de 65 000 logements, naturellement. Il permettrait aussi de renforcer l’entraide en ces temps difficiles et de réduire l’itinérance. Il ne s’agit pas d’une faveur. C’est un pas essentiel vers une société plus humaine et plus efficace.

Nous lançons cet appel à l’action, parce que des milliers de personnes ont un besoin urgent de logement. Elles ont besoin que nous ayons le courage d’exiger ce changement, maintenant.

Cohabiter est un droit. C’est aussi une solution. Appuyez et partagez la démarche. Ensemble, on peut changer les choses.

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Cliquez ici pour consulter le texte sur le site de La Presse.

 

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